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	<title>Poeme &#187; Charles Baudelaire</title>
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		<title>Poème exotique</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 10:06:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Baudelaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l&#8217;odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l&#8217;eau d&#8217;une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l&#8217;air.<br />
Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j&#8217;entends dans tes cheveux! Mon âme voyage sur le parfum comme l&#8217;âme des autres hommes sur la musique.<br />
Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l&#8217;espace est plus bleu et plus profond, où l&#8217;atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.<br />
Dans l&#8217;océan de ta chevelure, j&#8217;entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d&#8217;hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l&#8217;éternelle chaleur.<br />
Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d&#8217;un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.<br />
Dans l&#8217;ardent foyer de ta chevelure, je respire l&#8217;odeur du tabac mêlé à l&#8217;opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l&#8217;infini de l&#8217;azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m&#8217;enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l&#8217;huile de coco.<br />
Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.</p>
<p><strong>Charles Baudelaire | 1821 &#8211; 1867</strong></p>
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		<title>Recueillement</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 08:16:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Baudelaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille. 
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici : 
Une atmosphère obscure enveloppe la ville, 
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.<br />
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :<br />
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,<br />
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.</p>
<p>Pendant que des mortels la multitude vile,<br />
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,<br />
Va cueillir des remords dans la fête servile,<br />
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici, </p>
<p>Loin d&#8217;eux. Vois se pencher les défuntes Années,<br />
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;<br />
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ; </p>
<p>Le Soleil moribond s&#8217;endormir sous une arche,<br />
Et, comme un long linceul traînant à l&#8217;Orient,<br />
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.</p>
<p><strong>Charles Baudelaire | 1821 &#8211; 1867</strong></p>
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		<title>Pluviôse, irrité contre la ville entière</title>
		<link>http://www.poeme.pro/poeme/pluviose-irrite-contre-la-ville-entiere/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Jun 2010 07:06:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Baudelaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Pluviôse, irrité contre la ville entière, 
De son urne à grands flots verse un froid ténébreux 
Aux pâles habitants du voisin cimetière 
Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pluviôse ( = automne), irrité contre la ville entière,<br />
De son urne à grands flots verse un froid ténébreux<br />
Aux pâles habitants du voisin cimetière<br />
Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.</p>
<p>Mon chat sur le carreau cherchant une litière<br />
Agite sans repos son corps maigre et galeux ;<br />
L&#8217;âme d&#8217;un vieux poète erre dans la gouttière<br />
Avec la triste voix d&#8217;un fantôme frileux.</p>
<p>Le bourdon ( = la cloche) se lamente, et la bûche enfumée<br />
Accompagne en fausset la pendule enrhumée,<br />
Cependant qu&#8217;en un jeu plein de sales parfums,</p>
<p>Héritage fatal d&#8217;une vieille hydropique ( = malade du coeur),<br />
Le beau valet de coeur et la dame de pique<br />
Causent sinistrement de leurs amours défunts.</p>
<p><strong>Charles Baudelaire | 1821 &#8211; 1867</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La Chevelure</title>
		<link>http://www.poeme.pro/poeme/la-chevelure/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Jun 2010 06:39:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Baudelaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure 
Des souvenirs dormant dans cette chevelure, 
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ô toison, moutonnant jusque sur l&#8217;encolure !<br />
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ( = nonchalance) !<br />
Extase ! Pour peupler ce soir l&#8217;alcôve obscure<br />
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,<br />
Je la veux agiter dans l&#8217;air comme un mouchoir !</p>
<p>La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,<br />
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,<br />
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !<br />
Comme d&#8217;autres esprits voguent sur la musique,<br />
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.</p>
<p>J&#8217;irai là-bas où l&#8217;arbre et l&#8217;homme, pleins de sève,<br />
Se pâment longuement sous l&#8217;ardeur des climats ;<br />
Fortes tresses, soyez la houle qui m&#8217;enlève !<br />
Tu contiens, mer d&#8217;ébène, un éblouissant rêve<br />
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :</p>
<p>Un port retentissant où mon âme peut boire<br />
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;<br />
Où les vaisseaux, glissant dans l&#8217;or et dans la moire ( = étoffe aux reflets changeants),<br />
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire<br />
D&#8217;un ciel pur où frémit l&#8217;éternelle chaleur.</p>
<p>Je plongerai ma tête amoureuse d&#8217;ivresse<br />
Dans ce noir océan où l&#8217;autre est enfermé ;<br />
Et mon esprit subtil que le roulis caresse<br />
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,<br />
Infinis bercements du loisir embaumé !</p>
<p>Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,<br />
Vous me rendez l&#8217;azur du ciel immense et rond ;<br />
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues<br />
Je m&#8217;enivre ardemment des senteurs confondues<br />
De l&#8217;huile de coco, du musc et du goudron.</p>
<p>Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde<br />
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,<br />
Afin qu&#8217;à mon désir tu ne sois jamais sourde !<br />
N&#8217;es-tu pas l&#8217;oasis où je rêve, et la gourde<br />
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?</p>
<p><strong>Charles Baudelaire | 1821 &#8211; 1867</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>A une passante</title>
		<link>http://www.poeme.pro/poeme/a-une-passante/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Jun 2010 07:42:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Baudelaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La rue assourdissante autour de moi hurlait. 
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, 
Une femme passa, d'une main fastueuse   
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ; 
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La rue assourdissante autour de moi hurlait.<br />
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,<br />
Une femme passa, d&#8217;une main fastueuse<br />
Soulevant, balançant le feston et l&#8217;ourlet ; </p>
<p>Agile et noble, avec sa jambe de statue.<br />
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,<br />
Dans son oeil, ciel livide où germe l&#8217;ouragan,<br />
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.</p>
<p>Un éclair&#8230; puis la nuit! — Fugitive beauté<br />
Dont le regard m&#8217;a fait soudainement renaître,<br />
Ne te verrai-je plus que dans l&#8217;éternité ?</p>
<p>Ailleurs, bien loin d&#8217;ici ! trop tard ! jamais peut-être !<br />
Car j&#8217;ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,<br />
Ô toi que j&#8217;eusse aimée, ô toi qui le savais !</p>
<p><strong>Charles Baudelaire | 1821 &#8211; 1867</strong></p>
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		<title>Le chat</title>
		<link>http://www.poeme.pro/poeme/le-chat/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 08:30:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Baudelaire]]></category>

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		<description><![CDATA[I

Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>I</p>
<p>Dans ma cervelle se promène,<br />
Ainsi qu&#8217;en son appartement,<br />
Un beau chat, fort, doux et charmant.<br />
Quand il miaule, on l&#8217;entend à peine,</p>
<p>Tant son timbre est tendre et discret ;<br />
Mais que sa voix s&#8217;apaise ou gronde,<br />
Elle est toujours riche et profonde.<br />
C&#8217;est là son charme et son secret.</p>
<p>Cette voix, qui perle et qui filtre<br />
Dans mon fonds le plus ténébreux,<br />
Me remplit comme un vers nombreux<br />
Et me réjouit comme un philtre.</p>
<p>Elle endort les plus cruels maux<br />
Et contient toutes les extases ;<br />
Pour dire les plus longues phrases,<br />
Elle n&#8217;a pas besoin de mots.</p>
<p>Non, il n&#8217;est pas d&#8217;archet qui morde<br />
Sur mon coeur, parfait instrument,<br />
Et fasse plus royalement<br />
Chanter sa plus vibrante corde,</p>
<p>Que ta voix, chat mystérieux,<br />
Chat séraphique, chat étrange,<br />
En qui tout est, comme en un ange,<br />
Aussi subtil qu&#8217;harmonieux ! </p>
<p>II</p>
<p>De sa fourrure blonde et brune<br />
Sort un parfum si doux, qu&#8217;un soir<br />
J&#8217;en fus embaumé, pour l&#8217;avoir<br />
Caressée une fois, rien qu&#8217;une.</p>
<p>C&#8217;est l&#8217;esprit familier du lieu ;<br />
Il juge, il préside, il inspire<br />
Toutes choses dans son empire ;<br />
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?</p>
<p>Quand mes yeux, vers ce chat que j&#8217;aime<br />
Tirés comme par un aimant,<br />
Se retournent docilement<br />
Et que je regarde en moi-même,</p>
<p>Je vois avec étonnement<br />
Le feu de ses prunelles pâles,<br />
Clairs fanaux, vivantes opales<br />
Qui me contemplent fixement.</p>
<p><em>(Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal)</em></p>
<p><strong>Charles Baudelaire | 1821 &#8211; 1867</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse</title>
		<link>http://www.poeme.pro/poeme/la-servante-au-grand-coeur-dont-vous-etiez-jalouse/</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Mar 2010 08:10:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Baudelaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,<br />
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,<br />
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.<br />
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,<br />
Et quand octobre souffle, émondeur des vieux arbres,<br />
Son vent mélancolique à l&#8217;entour de leurs marbres,<br />
Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,<br />
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,<br />
Tandis que, dévorés de noires songeries,<br />
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,<br />
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,<br />
Ils sentent s&#8217;égoutter les neiges de l&#8217;hiver<br />
Et le siècle couler, sans qu&#8217;amis ni famille<br />
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.</p>
<p>Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,<br />
Calme, dans le fauteuil, je la voyais s&#8217;asseoir,<br />
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,<br />
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,<br />
Grave, et venant du fond de son lit éternel<br />
Couver l&#8217;enfant grandi de son oeil maternel,<br />
Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse,<br />
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?</p>
<p><em>(Les Fleurs du Mal, Tableaux parisiens)</em></p>
<p><strong>Charles Baudelaire | 1821 &#8211; 1867</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Spleen</title>
		<link>http://www.poeme.pro/poeme/spleen/</link>
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		<pubDate>Fri, 19 Mar 2010 08:14:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Baudelaire]]></category>

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		<description><![CDATA[J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai plus de souvenirs que si j&#8217;avais mille ans.</p>
<p>Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,<br />
De vers, de billets doux, de procès, de romances,<br />
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,<br />
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.<br />
C&#8217;est une pyramide, un immense caveau,<br />
Qui contient plus de morts que la fosse commune.<br />
- Je suis un cimetière abhorré de la lune,<br />
Où comme des remords se traînent de longs vers<br />
Qui s&#8217;acharnent toujours sur mes morts les plus chers.<br />
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,<br />
Où gît tout un fouillis de modes surannées,<br />
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,<br />
Seuls, respirent l&#8217;odeur d&#8217;un flacon débouché.</p>
<p>Rien n&#8217;égale en longueur les boiteuses journées,<br />
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années<br />
L&#8217;ennui, fruit de la morne incuriosité,<br />
Prend les proportions de l&#8217;immortalité.<br />
- Désormais tu n&#8217;es plus, ô matière vivante !<br />
Qu&#8217;un granit entouré d&#8217;une vague épouvante,<br />
Assoupi dans le fond d&#8217;un Sahara brumeux !<br />
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,<br />
Oublié sur la carte, et dont l&#8217;humeur farouche<br />
Ne chante qu&#8217;aux rayons du soleil qui se couche !</p>
<p><em>(Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal)</em></p>
<p><strong>Charles Baudelaire | 1821 &#8211; 1867</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Homme et la Mer</title>
		<link>http://www.poeme.pro/poeme/lhomme-et-la-mer/</link>
		<comments>http://www.poeme.pro/poeme/lhomme-et-la-mer/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 18 Mar 2010 08:53:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Baudelaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Homme libre, toujours tu chériras la mer ! 
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme 
Dans le déroulement infini de sa lame, 
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Homme libre, toujours tu chériras la mer !<br />
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme<br />
Dans le déroulement infini de sa lame,<br />
Et ton esprit n&#8217;est pas un gouffre moins amer.</p>
<p>Tu te plais à plonger au sein de ton image ;<br />
Tu l&#8217;embrasses des yeux et des bras, et ton coeur<br />
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur<br />
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.</p>
<p>Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :<br />
Homme, nul n&#8217;a sondé le fond de tes abîmes,<br />
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,<br />
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !</p>
<p>Et cependant voilà des siècles innombrables<br />
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,<br />
Tellement vous aimez le carnage et la mort,<br />
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !</p>
<p><em>(Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal)</em></p>
<p><strong>Charles Baudelaire | 1821 &#8211; 1867</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La vie antérieure</title>
		<link>http://www.poeme.pro/poeme/la-vie-anterieure/</link>
		<comments>http://www.poeme.pro/poeme/la-vie-anterieure/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 07:54:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Baudelaire]]></category>

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		<description><![CDATA[J'ai longtemps habité sous de vastes portiques 
Que les soleils marins teignaient de mille feux, 
Et que leur grands piliers, droits et majestueux, 
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai longtemps habité sous de vastes portiques<br />
Que les soleils marins teignaient de mille feux,<br />
Et que leur grands piliers, droits et majestueux,<br />
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.</p>
<p>Les houles, en roulant les images des cieux ,<br />
Mêlaient d&#8217;une façon solennelle et mystique<br />
Les tout-puissants accords de leur riche musique<br />
Aux couleurs du couchant, reflété par mes yeux.</p>
<p>C&#8217;est là que j&#8217;ai vécu dans les voluptés calmes<br />
Au milieu de l&#8217;azur, des vagues, des splendeurs<br />
Et des esclaves nus, tout imprégnés d&#8217;odeurs ,</p>
<p>Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes ,<br />
Et dont l&#8217;unique soin était d&#8217;approfondir<br />
Le secret douloureux qui me faisait languir.</p>
<p><em>(Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal)</em></p>
<p><strong>Charles Baudelaire | 1821 &#8211; 1867</strong></p>
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