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	<title>Poeme &#187; Charles-Marie Leconte de Lisle</title>
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		<title>Midi</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 11:41:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poème]]></category>
		<category><![CDATA[Charles-Marie Leconte de Lisle]]></category>

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		<description><![CDATA[Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine,
Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu.
Tout se tait. L'air flamboie et brûle sans haleine ;
La Terre est assoupie en sa robe de feu.
[...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine,<br />
Tombe en nappes d&#8217;argent des hauteurs du ciel bleu.<br />
Tout se tait. L&#8217;air flamboie et brûle sans haleine ;<br />
La Terre est assoupie en sa robe de feu.</p>
<p>L&#8217;étendue est immense, et les champs n&#8217;ont point d&#8217;ombre,<br />
Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ;<br />
La lointaine forêt, dont la lisière est sombre,<br />
Dort là-bas, immobile, en un pesant repos.</p>
<p>Seuls, les grands blés mûris, tels qu&#8217;une mer dorée,<br />
Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ;<br />
Pacifiques enfants de la Terre sacrée,<br />
Ils épuisent sans peur la coupe du Soleil.</p>
<p>Parfois, comme un soupir de leur âme brûlante,<br />
Du sein des épis lourds qui murmurent entre eux,<br />
Une ondulation majestueuse et lente<br />
S&#8217;éveille, et va mourir à l&#8217;horizon poudreux.</p>
<p>Non loin, quelques boeufs blancs, couchés parmi les herbes,<br />
Bavent avec lenteur sur leurs fanons épais,<br />
Et suivent de leurs yeux languissants et superbes<br />
Le songe intérieur qu&#8217;ils n&#8217;achèvent jamais.</p>
<p>Homme, si, le coeur plein de joie ou d&#8217;amertume,<br />
Tu passais vers midi dans les champs radieux,<br />
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :<br />
Rien n&#8217;est vivant ici, rien n&#8217;est triste ou joyeux.</p>
<p>Mais si, désabusé des larmes et du rire,<br />
Altéré de l&#8217;oubli de ce monde agité,<br />
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,<br />
Goûter une suprême et morne volupté,</p>
<p>Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;<br />
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;<br />
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,<br />
Le coeur trempé sept fois dans le Néant divin.</p>
<p><strong>Charles-Marie Leconte de Lisle | 1818 &#8211; 1894</strong></p>
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